Enseignante spécialisée et maman de Malo, 14 ans, polyhandicapé et présentant
un trouble du spectre de l’autisme, Laura a découvert le Makaton avec son mari
en 2017. Depuis, les signes continuent d’accompagner sa famille et sa pratique
professionnelle.
Une première porte vers la communication
Nous nous sommes formés au Makaton avec mon mari en 2017.
Nous avons commencé à le mettre en place auprès de Malo,
avec des signes et des pictogrammes. Au début, nous avions
notamment créé un petit classeur de communication, des
tableaux dans différents espaces de la maison et même des
porte-clés avec des pictogrammes Makaton.
Malo avait beaucoup de difficultés sur le plan moteur et dans
l’imitation des gestes. Pourtant, il était très intéressé de nous
voir signer. Il regardait nos gestes et cela lui permettait
d’entrer dans la situation de communication avec nous.
On m’avait pourtant dit que, compte tenu de sa motricité, cela
ne servirait probablement à rien puisqu’il ne pourrait jamais
signer. Mais très rapidement, Malo nous a montré le contraire. Il
a commencé par quelques signes, comme “encore”, “gâteau”,
“pipi” ou “caca”. Ses gestes étaient parfois différents des nôtres à
cause de ses déformations des mains, mais nous les
comprenions.
Le Makaton a surtout été notre porte d’entrée dans le monde
de la CAA. À partir de là, j’ai multiplié les formations et
découvert d’autres outils et méthodes.
Une communication qui se partage en famille
Le Makaton a aussi beaucoup compté dans la vie de famille. La
grand-mère de Malo, qui était éducatrice spécialisée, s’est
formée à son tour. Nous avions créé un petit passeport de
communication avec les signes que Malo pouvait faire ou que
nous étions en train de lui apprendre. Nous avions également
transmis des outils à l’école pour que son environnement puisse
utiliser un langage commun.
Notre fille avait seulement 6 mois lorsque nous avons
commencé. Elle nous voyait signer avec son frère et ses
premiers mots et ses premières étapes de communication
ont très vite été accompagnés de signes Makaton. Cela lui a
permis de communiquer de manière très structurée avant
même d’avoir les mots.
Aujourd’hui encore, elle aime apprendre des signes à ses
copines. Et depuis que Malo a un chien d’assistance, nous nous
amusons même à lui apprendre des signes ! Il en connaît déjà
plusieurs. C’est très chouette de voir Malo utiliser ses mains pour
donner une commande à son chien, alors qu’il n’a pas le
langage oral.
Aujourd’hui, Malo utilise principalement une communication sur
tablette avec un outil robuste et de nombreux pictogrammes. Il
utilise très peu les signes lui-même, mais il apprécie toujours de
me voir signer.
Le Makaton m’a permis de découvrir le pouvoir de la
communication, les possibles et les adaptations. Il nous a fait
entrer dans cette aventure incroyable qu’est la CAA et nous a
permis de créer avec Malo un nouveau lien, davantage basé
sur ses possibilités que sur ses difficultés.
Donner à chacun les moyens de s’exprimer
Je travaille en unité d’enseignement pour élèves avec
polyhandicap au sein du Centre des Possibles : je signe quand je
lis une histoire, quand nous chantons ou tout au long de la
journée. Je parle de “bain de langage” en signes.
Certains élèves qui en ont la capacité peuvent eux aussi s’en
saisir pour communiquer.
Dans mon établissement, nous sommes une petite équipe et
deux professionnels sont formés au Makaton. Nous travaillons
aussi autour de mots de la semaine afin d’enrichir le vocabulaire
signé de tous.
Je rappelle souvent aux familles que, même lorsqu’elles ont
l’impression de parfaitement comprendre leur enfant, elles
restent dans l’interprétation. La seule personne qui sait
exactement ce qu’elle veut dire, c’est la personne elle-même.
Il faut donc lui donner les moyens de choisir, de refuser,
de demander et de s’exprimer par elle-même.
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