Les pictogrammes dans la Communication Alternative et Améliorée : bien plus que de simples dessins

19 février 2026

makaton-article-pictogrammes

Nous en sommes convaincus : les pictogrammes ont révolutionné la communication de nos proches et des personnes que nous accompagnons. Ils leur ont permis de comprendre, d’apprendre et de s’exprimer autrement.

Mais derrière leur apparente simplicité se cache une véritable logique graphique, linguistique et cognitive.

Dans cet article, nous vous invitons à explorer l’univers de nos pictogrammes Makaton : leur fonctionnement, leurs atouts, et les principes de leur conception.

makaton-article-pictogrammes

DEFINITION du mot PICTOGRAMME

Un pictogramme est un dessin codifié représentant un objet, une action, une personne ou un lieu. L’association de plusieurs pictogrammes permet de construire du sens, indépendamment des mots, des photos ou des images auxquels ils peuvent être liés.

Le plus souvent, les pictogrammes sont dits iconiques, c’est-à-dire qu’ils présentent une ressemblance visuelle avec ce qu’ils représentent. Certains, au contraire, sont abstraits et plus difficiles à interpréter sans apprentissage préalable.

Quel que soit leur degré d’iconicité, les pictogrammes appartiennent toujours à des systèmes codifiés, organisés selon des logiques graphiques et sémantiques précises.

Comprendre ces logiques, c’est ouvrir la voie à un apprentissage plus efficace des pictogrammes, qu’ils soient concrets ou abstraits, et à une meilleure maîtrise de leur usage dans la communication.

PUBLIC CIBLE

Les pictogrammes peuvent être utilisés à différents niveaux, auprès de publics présentant des besoins variés :

  • Troubles des apprentissages, quel que soit leur niveau de complexité ;
  • Troubles spécifiques du langage, présents dès la naissance ou acquis à la suite d’un accident (comme les dysphasies ou aphasies) ;
  • Handicaps sensoriels : déficience auditive ou visuelle ;
  • Troubles du spectre de l’autisme : les pictogrammes Makaton font partie des outils de CAA fréquemment recommandés dans l’accompagnement des personnes autistes ;
  • Handicaps physiques sévères : lorsque la parole et le geste sont limités, les pictogrammes deviennent un véritable moyen d’expression et de compréhension ;
  • Personnes allophones : difficulté de langage oral et donc de communication ;
  • Et bien sûr, leurs partenaires de communication.

TEMPORALITÉ DU PICTOGRAMME : UN TEMPS LONG

L’une des caractéristiques les plus intéressantes du pictogramme est sa temporalité. Contrairement au signe, qui s’inscrit dans l’instant, le pictogramme s’inscrit dans un temps long.

D’une part, sa production demande du temps et du matériel : du simple bloc-notes et crayon au support plus technologique (ordinateur, tablette…).

D’autre part, une fois produit, le pictogramme reste présent. Il ne disparaît pas comme un signe une fois réalisé, ni comme un mot après sa prononciation.

Il demeure visible, manipulable, réutilisable. On peut le regarder, le pointer, le classer, le ressortir, le mémoriser. Il devient un objet concret et tangible, que l’on peut manipuler comme une unité de langage.

AVANTAGE DES PICTOGRAMMES

Les pictogrammes offrent de nombreux avantages, différents mais complémentaires à ceux des signes. Les identifier clairement permet de mieux les associer et d’en tirer tout le bénéfice.

  • Leur permanence permet aux utilisateurs de prendre le temps nécessaire pour traiter l’information transmise.
  • Ils favorisent également l’attention conjointe sur un même sujet, pendant le temps de l’échange, du pointage ou du dessin.
  • Les pictogrammes facilitent la compréhension : lorsqu’ils sont iconiques, leur ressemblance visuelle renforce le message.
  • Mais les pictogrammes abstraits ont eux aussi leur intérêt : en rendant visible l’abstraction, ils aident à concrétiser des concepts difficiles. On les voit, on les touche, on les dessine, on les relie à des signes. Et c’est ainsi que la compréhension s’ancre dans le réel.
  • Pour certaines personnes ne pouvant ni parler ni signer, les pictogrammes représentent une véritable alternative à la parole. C’est leur autre voie d’expression.
  • Enfin, ils contribuent à l’acquisition des structures du langage : par leur aspect tangible, ils rendent perceptible le fait que la langue se compose d’unités qui s’assemblent pour produire du sens.

MÉLANGE DES BANQUES DE PICTOGRAMMES

De nombreuses codifications utilisent des pictogrammes : sécurité routière, produits ménagers, Communication Alternative et Améliorée (CAA)…

Parmi ces systèmes en matière de Communication Alternative et Améliorée (CAA) (voir article La Communication Alternative et Améliorée (CAA), c’est quoi), on retrouve notamment PCS, GRACH, ARASAAC, SCLERA et bien sûr, les pictogrammes Makaton !

Une question revient souvent :

« Peut-on mélanger les pictogrammes issus de banques différentes dans un même document ? ».

makaton-melange-banques-pictos

Prenons un exemple simple :

makaton-melange-picto

Mélanger des pictogrammes issus de systèmes différents produit le même effet : cela augmente la charge cognitive du lecteur et nuit à la cohérence visuelle. Sur un document long, cela peut générer de la fatigue, en particulier chez des personnes présentant déjà des troubles spécifiques (dyslexie, TDAH, etc.).

Pour garantir une lecture fluide et une meilleure compréhension, il est donc préférable d’utiliser une seule banque de pictogrammes par support.

CONCEPTION DES PICTOGRAMMES MAKATON

Les pictogrammes Makaton sont conçus par une équipe pluridisciplinaire réunissant des formateurs expérimentés, des professionnels de l’accompagnement des personnes rencontrant des difficultés de communication, ainsi que de graphistes.

Les pictogrammes les plus complexes et ou ceux intégrant de nouveaux éléments graphiques sont systématiquement testés auprès d’utilisateurs Makaton afin de garantir qu’ils soient facilement reconnaissables et compris.

Chaque pictogramme doit répondre à trois critères essentiels, qui guident à la fois sa création et son utilisation.

1- Être facile à dessiner à la main.

Le style simple des pictogrammes Makaton – les célèbres bonshommes allumettes – rappelle que l’objectif n’est pas de réaliser un « joli dessin », mais de transmettre un sens à travers des marqueurs graphiques codifiés et cohérents.

Ils sont toujours tracés en noir sur fond blanc, un choix délibéré de The Makaton Charity visant à éviter que la couleur ne devienne porteuse d’un sens systématique. Le pictogramme doit représenter le concept, et non son apparence : une pomme reste une pomme, qu’elle soit rouge, jaune ou verte.

makaton-dessiner-pictogrammes
makaton-pictogramme-iconique

2- Être iconique

Un pictogramme Makaton doit ressembler visuellement à ce qu’il représente. Lorsqu’il est abstrait, c’est qu’il illustre un concept abstrait.

Comprendre et enseigner la logique graphique propre au Makaton est essentiel pour garantir une communication claire et cohérente.

3- Être en lien avec les structures de la langue.

Les conventions graphiques du Makaton traduisent des marqueurs linguistiques fondamentaux : elles permettent de faire apparaître les catégories grammaticales (verbes, pronoms interrogatifs, déterminants possessifs, etc.) et les relations sémantiques. Cette structure aide les utilisateurs à percevoir et à intégrer la manière dont le langage s’organise, faisant du Makaton non seulement un outil de communication, mais aussi un véritable support d’apprentissage.

makaton-phrase-pictos

Les pictogrammes Makaton rappellent que la communication va bien au-delà des mots. Leur simplicité graphique, leur cohérence linguistique et leur accessibilité en font des outils puissants pour construire des ponts entre les personnes, quels que soient leurs modes de communication.

Et vous, quel est l’impact des pictogrammes Makaton ou d’autres formes de communication alternative dans votre pratique ou auprès de votre entourage ?

Faire un don
c’est nous aider à exister !

Je fais un don

Soutenez Makaton en
rejoignant l’association !

Adhérer à l’association